Archives pour l'étiquette sociologie

Un savoir sans mot! suite

Quelles sont les disciplines qui abordent le savoir-être ? Sans doute plein, citons en deux.

1. Le yoga et autres…

La pensée orientale a beaucoup à nous apporter à ce sujet. L’orient n’a pas clivé le corps et l’esprit comme l’occident a pu le faire. Nous le nions parfois en citant « anima sana in corpore sanum », puis en recommandant la pratique du sport à nos intellectuels. Une pratique essentiellement compétitive où la connaissance de soi s’arrête à l’intérêt de la performance

Je n’y connais pas grand chose en pensée orientale. L’attirance actuelle pour le yoga, le Tai chi et autres disciplines souligne un manque dans notre culture. Hélas, nous nous approprions difficilement ces enseignements souvent cantonnés au « bien-être » en alternative à la salle de gym.

Les quelques initiatives sérieuses sur le sujet sont dissimulées parmi une foule d’illuminés qui y voit une panacée. Ils pratiquent avec une gravité fate faute d’en percevoir la profondeur et le potentiel.

Les écouter est un coup à finir par recevoir les familles, posé en lotus sur notre bureau.

J’espère que des professionnels rigoureux nous amèneront des partenariats (mais presque) avec ceux qui maîtrisent ces disciplines. Nous avons probablement un manque auxquelles elles répondent.

2 Le théatre

Le mot fait peur ou rebute… faites un petit brainstorming sur le théâtre au sein de votre équipe et des usagers pour vous en convaincre.

La culture du théâtre en France, nation littéraire, est très axée sur le texte, très intellectuelle. Mais un coup d’oeil vers la formation des théâtreux professionnels permet de découvrir une discipline qui a échappée au clivage corps esprit. Comme personne n’a pensé à mettre le théâtre en boite dans une formation universitaire, il a échappé a une totale intellectualisation. Les saltimbanques, artistes du spectacle vivant et autres metteurs en scène ont perdu en reconnaissance sociale ce qu’ils ont gardé de liberté dans leur rapport professionnel au corps.

Au théâtre, les corps des comédiens transgressent en permanence les conventions tacites de la communication sociale. Ils se touchent plus que les mains et les épaules, ils s’embrassent et joignent leurs lèvres à celle de plusieurs autres corps en moins d’une heure. Ils se roulent au sol ou sautent, ils exhibent des émotions sans honte et la voix qui en sort a un volume bien trop élevé pour être convenable.

Tout cela s’apprend. Se réapprend car l’éducation a brimé nos capacités d’expression corporelle en les soumettant à des règles que nous ne connaissons pas. Comme Picasso a passé sa vie à redonner à son trait sa spontanéité d’enfant, le comédien doit apprendre à renouer avec son corps. Mais comme Picasso, avec une maîtrise et une conscience que l’enfant n’a pas.

Le comédien sait jouer un rôle. La maîtrise et la conscience du corps, de la voix, donnent la maîtrise et la conscience des ses émotions et de ses intentions.

C’est son travail, s’il est très professionnel, le comédien, il sait être… son personnage. Sur scène, quand il délivre un message, celui ci est construit par rapport à ce que l’usager (que lui appelle public) doit saisir.

Car « savoir-être » c’est bien… mais être quoi ? Savoir-être n’est pas la même chose qu’être soi-même. Pour le comédien, la consigne est clair, il doit savoir-être son personnage. Celui-ci lui est attribué par le metteur en scène, sorte de chef de service qui n’a pas de dispositif ou de loi mais un texte.

Si nous jouons un rôle, avons nous appris à le faire ?

« Rôle » vient de roue, jouer un rôle, c’est être un rouage d’une mécanique…Le rôle de délégué aux prestations familiales… c’est un rouage de quelle mécanique ? Cette mécanique a-t-elle assez de jeu ?

FORUM 2018 Intimité: du sentiment d’effraction à la nécessaire protection…

Le 1er et 2 octobre 2018, nous vous attendons à Arras ( -chef lieu du Pas de Calais- )

Comment penser la mise en œuvre d’une Mesure d’Aide à la Gestion du Budget Familial sans procéder, même malgré soi, à une véritable effraction de l’intimité familiale, de celle du couple ou des personnes concernées ? Continuer la lecture de FORUM 2018 Intimité: du sentiment d’effraction à la nécessaire protection…

La Fable de Michel Billé (forum 2017)

forum paris 011Je n’te dis pas la honte!!!

Il arrive que nous ressentions

Des sentiments, des émotions

Presqu’inavouables et nous n’osons

Les partager, nous ne pouvons

Que les cacher, nous nous taisons…

Alors je n’te dis pas la honte!

La vie de certains d’entre nous

Peut ainsi prendre un drôle de goût

Passer du plaisir au dégoût

Quand la honte, présente partout

Ronge, envahit, et détruit tout…

Alors je n’te dis pas la honte!

Cela commence dès l’enfance

Quoi qu’on fasse, qu’on dise et qu’on pense

On saisit l’extrême importance

De la manière dont on lance

Un enfant dans son existence

Alors je n’te dis pas la honte!

Déjà quand il était petit

À l’école on lui avait dit

De n’pas se comporter ainsi

Ses parents auraient honte de lui

S’il continuait à faire au lit…

Alors Je n’te dis pas la honte!

C’était pareil à la maison

Bien qu’il soit un gentil garçon

On lui faisait toujours la leçon:

Jamais ne deviendrait champion

De tennis ou de ballon rond…

Alors Je n’te dis pas la honte!

Plus tard au collège, au lycée

Il faillit bien se faire virer

Toujours puni, souvent collé,

Jamais il ne put décrocher

Les diplômes tant convoités

Alors Je n’te dis pas la honte!

Après l’école ce fut galère,

Sans travail, chômeur comme son père,

Sans argent, sans joie, pas très fier

De vivre demain comme hier

Sans espoir et même sans colère !

Alors je n’te dis pas la honte…

Et puis il trouva un boulot

Pas passionnant, mais quand il faut…

Petit salaire, boulot, dodo…

Pas la misère, juste ce qu’il faut

Manger un peu, dormir au chaud…

Alors, je n’te dis pas la honte!

Il rencontra une jeune femme

Vécurent ensemble, ce fut le drame,

Le chômage, les dettes, quel programme!

Vivre tout cela c’est infâme…

Pour un jeune homme, une jeune femme…

Alors je n’te dis pas la honte!

Ils eurent un gamin, bientôt deux,

Et dès lors tout fut laborieux,

Tout s’enchaina défectueux

Mais quand rien ne va, c’est curieux

Comme tout devient calamiteux!

Alors je n’te dis pas la honte !

Dans l’alcool il se réfugia

Se mit à boire, s’enivra

Elle ne pouvait supporter ça

Elle prit les gosses, elle s’en alla.

Coupable, lui se détesta

Alors je n’te dis pas la honte!

Il reçut une convocation

Chez le juge qu’il le veuille ou non!

Il dut alors verser pension

Sa femme aurait les prestations

Un délégué f’rait la gestion…

Alors je n’te dis pas la honte!

L’ASE, les enfants protégés,

L’aide à la gestion du budget,

Notre homme se sentait humilié…

Convaincu d’avoir tout raté

Et de ne pouvoir s’en tirer…

Alors je n’te dis pas la honte!

Un jour pourtant, le délégué

Qui connaissait bien son dossier

Prit le temps de s’y arrêter,

Lui proposa de discuter

De voir quels étaient ses projets…

Alors il ressentit la honte…

Mais cet’ fois il put l’exprimer

Et dire qu’il était torturé

De vivre ainsi, rien que l’idée

De voir ses enfants s’éloigner

Le rendait triste à en pleurer…

Il commençait à dire sa honte!

Il lui fallut beaucoup de temps

Pour vivre un peu plus normalement

Pour récupérer ses enfants,

Vivre avec eux de temps en temps,

Arrêter de boire, difficilement

Il pouvait enfin dire sa honte…

La honte qu’il éprouvait si bien

Depuis qu’un jour pour trois fois rien

Son père lui avait dit « Vaurien!

Tu n’s’ras jamais qu’un bon à rien! »

Il était fixé par ce lien…

Depuis je n’te dis pas la honte…

Morale… Alors dire ou ne pas dire la honte?

Il faut la dire évidemment

Pour s’en défaire, avec le temps

Et nous pouvons en l’écoutant

L’entendre, l’atténuer justement,

Pour que notre homme et ses enfants

Puissent un jour vivre dignement…

Michel Billé.

Paris le 3/10/2017

Sciences humaines et sociales


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Temps objectif, Temps vécu : ici et ailleurs. Phiouphan NGAOSYVANTH

Ph.Ngao.RESUME : Il y a toujours un vécu subjectif du temps et cela quel que soit le temps objectif : celui du chronographe, du calendrier quel qu’il soit, solaire, lunaire ou les deux, que le temps soit rythmé par les travaux agricoles, les saisons, que ces travaux concernent la culture du blé, du riz, de la vigne, du manioc, que ces activités concernent la pêche, la cueillette, l’établi, l’élevage, le chantier ou le bureau.
Deux mondes possibles sont ainsi dessinés : celui du vécu et celui du temps objectif, collectif, imposé. Il arrive que les deux s’accordent: heureusement. Il arrive que les deux entrent en conflit : dans ce cas de figure, que peut faire le professionnel afin d’établir ou de rétablir les conditions telles qu’une concordance soit possible ? Continuer la lecture de Temps objectif, Temps vécu : ici et ailleurs. Phiouphan NGAOSYVANTH

Forum 2014 ROUEN : « le temps des familles » par Marie Théault.

Colloque ROUEN 29 septembre 2014

Le temps des familles

D’une part, ayant travaillé de nombreuses années en tant que thérapeute familiale dans un centre d’hébergement pour familles en grande difficultés sociales, psychologiques et financières, et d’autre part dans le cadre d’un service de médiation familiale à Caen, j’ai pris conscience qu’il fallait absolument, quel que soit le type d’accompagnement des familles, tenir compte de l’étape dans laquelle elle évolue. Continuer la lecture de Forum 2014 ROUEN : « le temps des familles » par Marie Théault.

QU’EST CE QUI FAIT FAMILLE AUJOURD’HUI ?

CNDPF Paris 2013

« Nous jouons des rôles dans une pièce que nous n’avons jamais lue ni jamais vue, dont nous ne connaissons pas l’intrigue1… »

La sociologie de la famille, lorsqu’elle croise un regard historique, nous apprend à regarder la famille comme une réalité à la fois durable, instable et complexe.

Réalité durable à cause de sa permanence à travers l’histoire de l’humanité. Continuer la lecture de QU’EST CE QUI FAIT FAMILLE AUJOURD’HUI ?