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La fable 2019 de Michel Billé

L’enfant qui se plaignait tout le temps…

Un juge dut un jour prononcer
Une mesure de protection
Pour soutenir, pour accompagner
Et pour aider à la gestion
Du quotidien et du budget
Une famille en situation
De très grandes difficultés
Pour le budget, pour la gestion
Mais surtout gravement perturbée
Sur les questions d’éducation…

Un des gosses, il avait 10 ans,
Se plaignait du matin au soir
Gémissait, pleurait tout le temps,
Ne faisant que broyer le noir
D’un univers désenchantant…

L’éduc chargée de la mesure
Réfléchissait, s’interrogeait
Cherchant à comprendre, bien sûr,
De quoi cet enfant se plaignait…
Le matin pour aller en classe
Et le soir pour rentrer chez lui,
Retrouvant sa mère un peu lasse,
Son frère, sa sœur, son chien, et puis…
Tout le rendait triste à mourir !
Impossible de le faire sourire.
Seuls les écrans l’intéressaient
Et bien sûr il s’y enfermait…
Il paraissait souffrir de tout
Comme s’il avait mal partout!

L’éducatrice un peu inquiète
Lui dit un jour: « Dis moi mon grand
Que se passe-t-il, qu’est-ce qui t’embête,
Où as-tu mal et depuis quand? »
« J’ai un gros bouton sous mon pied
Ça fait longtemps, même très longtemps,
Pour marcher, ça me fait trop mal
Mais quand je dis qu’j’ai mal au pied
Tout l’monde rigole, s’en fiche pas mal
Mon père arrête pas d’rabâcher
« Arrête donc de dire des bêtises
Arrête de t’plaindre et d’pleurnicher
Et tu verras ça ira mieux »

L’éducatrice un peu surprise
Le r’gardait avec de grands yeux.
Personne n’y avait pensé
Une verrue ce n’est pas grand-chose
Mais ça peut drôlement perturber
Et pourquoi pas être la cause
Des multiples complications
Dont souffrait le gosse en question.

Faire du sport devient douloureux,
Les autres se moquent, c’est banal.
Lui ne dit rien, le malheureux,
Mais il en souffre c’est normal…
En classe il ne travaille pas
A la maison n’en parle pas
De peur de se faire engueuler
Se faire punir, se faire moquer.
C’est ainsi que tout s’accumule
Que partout il passe pour un nul,
Un paresseux, un bon à rien,
Un sale drôle, bref, un moins que rien…

La suite fut une succession
De visites et consultations
Chez un dermato très sympa
Qui très gentiment expliqua
Qu’il fallait soigner sérieusement
Ce genre de problème chez l’enfant.
Il pratiqua une ablation,
Prescrivit des médicaments,
Il conseilla l’interruption
Du sport et autres entraînements
Jusqu’à complète guérison.
Le gosse ainsi pris au sérieux
Commença à se sentir mieux…

Les autres ne le regardaient plus
Tout à fait de la même façon.
Lui, souriait un p’tit peu plus
Semblait aller mieux pour de bon.

Notre affaire peut sembler simpliste
Tant la cause paraît dérisoire
Mais l’intérêt de cette histoire
C’est de nous ouvrir une piste:
Argent, éducation, santé
Sont plus liés qu’on ne le croit
Et nous ne pouvons négliger
Aucun élément de ces trois.
Quand l’éduc revit le gamin
Il lui confia qu’il allait bien:
« Verrue du pied ça prend la tête
Alors j’pouvais pas prendre mon pied »
T’as raison mon gars t’es pas bête
Simplement fallait y penser.

Michel Billé.
Paris 01/10/2019

La suppression du pécule des jeunes majeurs ?

Au sénat le mercredi 8 novembre 2017, un amendement a été adopté en commission des affaires sociales : il supprime le pécule, voté en mars 2016, en faveur des enfants placés par l’aide sociale à l’enfance. Le débat est ouvert sur les réseaux sociaux (FB et tweeter). Le CNDPF a contesté cette mesure prise en 2016, et avait à deux reprises développé ses arguments auprès de Madame Rossignol alors ministre. Nos arguments restent solides et valables face à cette nouvelle polémique. Nous pensons que le sort des jeunes majeurs demande une autre forme de réponse, et qu’il est urgent de s’en préoccuper sérieusement. Pour autant nous restons toujours fortement dubitatifs sur cette mesure.
Voici notre courrier en 2016.

2016 05 lettre ministre

Réaction du CNDPF à l’article 19 de la loi du 14 mars 2016

Dans la Loi n° 2016-297 du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant l’article 19  concerne particulièrement la gestion de l’allocation de rentrée scolaire pour les mineurs confiés au service de l’ASE. Ce nouvel article prévoit : « lorsqu’un enfant est confié au service de l’Aide Sociale à l’Enfance l’allocation de rentrée scolaire… est versée à la caisse des dépôts et consignation qui en assure la gestion jusqu’à la majorité de l’enfant … A cette date, le pécule est attribué et versé à l’enfant ».

Cette disposition a déjà suscité une réaction de la part du CNDPF en juillet 2015 (cf article Position du CNDPF sur la proposition de loi relative à la protection de l’enfance) tant cette prestation que constitue l’ARS occupe une place singulière et représente un véritable levier dans l’accompagnement des familles…

Le CNDPF a, suite au vote de cette loi, décider d’interpeller Madame ROSSIGNOL, Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes.

Vous trouverez ci dessous la lettre du CNDPF à Madame la Ministre :
2016 05 lettre ministre